Bonjour, moi c'est Marion. Avant de vous parler des jeux Mino, j'avais envie de vous raconter d'où est venue cette idée.
Parce que Mino n'est pas né d'une grande théorie sur l'éducation. Il est né d'une question toute simple que je me posais souvent.
Tout a commencé avec un truc que je remarquais en classe.
Je suis institutrice en CP. Et il y a quelque chose qui me frappe depuis longtemps : on peut proposer à un enfant deux activités qui lui demandent quasiment le même effort… sans du tout obtenir la même réaction.
Devant la première, il se déconcentre, regarde ailleurs, demande quand ça se termine.
Devant l'autre, il cherche. Il essaie un truc, se trompe, recommence. Et puis il y a ce petit moment où il relève la tête avec un immense sourire : « Ça y est, j'ai trouvé ! »
Ce que j'aime dans ces moments-là, c'est qu'il a travaillé son attention, sa mémoire ou sa logique… mais que, de son côté, il a surtout eu l'impression de relever un défi.
Et puis je rentrais chez moi. Et là, c'était une autre histoire.
Parce qu'être maîtresse et être maman, ce n'est pas tout à fait la même chose.
Après une journée bien remplie, je n'avais pas envie de ressortir des fiches qui ressemblent à celles de l'école. Ni de me lancer dans une activité avec quinze accessoires et vingt minutes de préparation.
Et les écrans ? Je ne vais pas vous faire la leçon. Il y a des jours où l'on fait comme on peut. Moi, je voulais surtout avoir une autre idée sous la main quand j'avais envie de proposer quelque chose de différent.
Quelque chose d'intéressant pour un enfant. Mais aussi quelque chose qu'il ait réellement envie de commencer.
« J'ai fini par comprendre qu'une activité ne doit pas seulement être bonne pour l'enfant. Il faut aussi qu'il ait envie de la faire. »
Alors j'ai commencé à imaginer Mino.
Je voulais garder le côté utile des activités qu'on propose en classe — observer, chercher, mémoriser, comparer, résoudre — mais enlever tout ce qui pouvait donner l'impression de faire encore des devoirs.
À la place, je voulais des petits jeux. Des choses qu'on comprend vite, qu'on peut poser sur la table, et qui donnent envie d'essayer. Pas besoin de tout réussir du premier coup. Chercher fait aussi partie du plaisir.
C'est comme ça que l'idée de Mino a pris forme : des jeux pensés pour les enfants de 4 à 7 ans, où chaque activité a une vraie raison d'être, sans avoir l'air d'un exercice.
Observer un détail, retenir une information, faire un choix, trouver une solution… Pas juste remplir une page.
Une petite mission, un dessin à inventer, une réponse à chercher. Lui doit d'abord y voir un jeu.
On choisit une activité, on l'imprime, on sort les crayons. Et c'est parti. Pas besoin de tout préparer la veille.
Pour l'enfant, c'est un jeu. Pour vous, chaque jeu lui fait pratiquer quelque chose.
Et ce petit personnage, alors ?
Je n'avais pas envie qu'une voix d'adulte dise encore « Concentre-toi ! » ou « Fais attention ! ». J'avais envie d'un petit compagnon qui invite simplement à essayer.
Alors Mino accompagne les enfants dans leurs découvertes. Parfois il cherche avec eux, parfois il dessine, parfois il se pose autant de questions qu'eux.
Ce que j'espère, c'est qu'ils aient envie de retrouver ce petit personnage et de découvrir le prochain défi.
Une page Mino, ce n'est pas juste une jolie feuille.
Derrière chaque activité, il y a quelques questions toutes simples que je trouve importantes :
- Est-ce qu'un enfant de 4 à 7 ans peut comprendre ce qu'il faut faire ?
- Est-ce qu'il doit vraiment chercher, observer, imaginer ou réfléchir ?
- Est-ce que ça ressemble davantage à un jeu qu'à un devoir ?
- Est-ce que j'aurais réellement envie de sortir cette page à la maison ?
Si Mino arrive un jour sur votre table…
J'espère qu'il y aura des petits moments où votre enfant oubliera de vous demander « C'est bientôt fini ? » parce qu'il aura vraiment envie de trouver la réponse.
Des dessins un peu farfelus. Des défis recommencés plusieurs fois. Peut-être aussi un « Regarde, j'ai réussi tout seul ! » lancé depuis la table du salon.
Et surtout, j'espère que vous serez contents d'avoir ces pages sous la main. Pas pour faire tout parfaitement, ni pour transformer chaque moment libre en apprentissage.
Juste pour lui proposer, de temps en temps, quelque chose qui lui fait du bien et qui lui donne envie de jouer.
Merci d'avoir pris le temps de lire notre histoire. Ça me touche vraiment.